Le présentateur de la VRT Bart Schols et ses invités découpés par l’intelligence artificielle

Vous arrive-t-il aussi de plus en plus souvent de regarder ou de revoir des programmes de télévision en ligne ? Même si vous n’avez pas l’envie ou le temps de regarder toute l’émission, un système pratique de divisions en chapitres vous permet de passer directement au moment de votre choix. Jusqu’à il y a peu, la chaîne flamande VRT effectuait cette division à la main. Puis elle a fait appel à Cronos Public Services pour s’enquérir des possibilités d’automatisation.

Un contenu découpé en chapitres est évidemment très pratique, mais comment identifier le début d’un nouveau chapitre ? Prenons par exemple le programme « De Afspraak » (Le Rendez-vous) avec Bart Schols, dont les téléspectateurs préfèrent souvent regarder des passages de leur choix via la plateforme VRT NU. L’identification précise de chaque changement de sujet ou d’orateur est une tâche moins facile que vous ne pourriez le penser et pour les éditeurs, c’est en tout cas un travail ennuyeux et chronophage… qui peut cependant être confié à une intelligence artificielle (IA). C’est pourquoi la VRT a fait appel aux experts de Brainjar, un centre de compétences de Cronos.

Des réunions d’action hebdomadaires

Pour Brainjar, écrire des algorithmes d’apprentissage machine est un jeu d’enfant. L’algorithme en question devait s’intégrer à l’architecture de la VRT et être suffisamment modulable pour pouvoir facilement être appliqué à d’autres programmes. « D’emblée, nous avions adopté une perspective très large pour ce projet », se souvient Jaspers Degryse, spécialiste des données à la VRT. « Brainjar nous a aidés à nous centrer sur nos besoins réels. Lors de réunions d’action hebdomadaires, nous avons abordé pas à pas des pistes de réflexion et les problèmes qui se présentaient. À chaque fois, nous avons reçu des explications claires en matière de programmation et des instructions sur la manière d’établir la documentation afin d’aboutir à un pipeline définitif pour le projet. Nous avons également mené une réflexion commune sur les applications futures. Ces moments de concertation nous ont aidé à mieux comprendre le processus de réflexion à la base de certaines décisions. »

Reconnaissance faciale

Ce projet n’a pas manqué de défis. Sur papier, il peut sembler relativement simple de définir des paramètres pouvant permettre à l’IA d’identifier les moments de transition dans l’émission « De Afspraak ». Mais en pratique, il s’est avéré que le programme avait du mal à reconnaître les visages dans un plan panoramique. De plus, l’équipe de Cronos a dû acquérir des connaissances importantes sur le langage visuel en un temps très court. De leur côté, les spécialistes des données de la VRT ont pu approfondir leurs propres connaissances en matière d’IA.

Le meilleur des deux mondes

À ce stade, les interventions humaines restent importantes pour le découpage, mais le programme qui se charge de l’ajout de métadonnées aux vidéos poursuit son apprentissage. Brainjar applique le principe human-in-the-loop (un opérateur dans la boucle), ce qui signifie que dans le cadre de ce projet, un membre de la rédaction de la VRT révise et corrige l’algorithme. Ce feed-back permet d’améliorer les modèles, ce qui accroîtra ainsi l’efficacité du système à plus long terme. « Les êtres humains utilisent d’autres paramètres de division du contenu », précise Koen Muylart, chef de projet à la VRT. « Par exemple, ils se fonderont sur l’expertise de l’invité. Quant à l’IA, elle se base notamment sur des caractéristiques physiques. La combinaison des deux approches nous permet d’aboutir à un meilleur résultat. C’est évidemment un processus très dynamique. »

Une approche pragmatique

Brainjar a affecté deux collaborateurs à temps partiel au projet, un binôme qui a établi un véritable partenariat avec l’équipe de la VRT. Koen Muylaert commente : « Dès le départ, nous nous sommes bien entendus. C’était la combinaison idéale d’une approche théorique et d’une mentalité pragmatique, ce qui représente une plus-value importante. Une approche pragmatique, cela me plaît bien ! À chaque fois que nous exprimions notre point de vue, nous avons vraiment senti que nous avions un partenaire à notre écoute qui nous donnait du feed-back constructif. Nous avons donc été bien soutenus. Ils n’ont pas créé d’attentes qu’ils n’auraient pas pu réaliser. Ce n’était jamais du baratin commercial. »

Pas qu’un simple projet expérimental

À l’avenir, le modèle d’IA pourra être appliqué à d’autres contenus. Son potentiel est-il illimité ? « En principe oui, car il ne s’agissait pas d’un projet expérimental dédié à une seule émission », commente Jasper Degryse. « Nous pouvons transposer le modèle à différents formats de l’offre de programmes. Nous sommes encore en train de travailler à son intégration à l’ensemble de la chaîne. D’ici là, nous nous concentrons sur les nouveaux épisodes de “De Afspraak”. »

Le projet de la VRT illustre une fois de plus que la collaboration entre Cronos Public Services et les services publics peut aboutir à une situation gagnant-gagnant. Dries De Rydt, ingénieur en données chez Brainjar, commente : « Comme nous avons directement travaillé dans l’infrastructure du client, l’intégration de l’outil n’a pas posé problème. Il en va autrement si nous devons développer un produit dans nos propres systèmes, par exemple. D’ailleurs, il ne s’agissait pas d’une simple mission de consultance : nous avons aussi pu jouer un rôle de coaching auprès du client. Grâce à cela, ce fut une collaboration aussi passionnante qu’enrichissante. »

« À chaque fois que nous exprimions notre point de vue, nous avons vraiment senti que nous avions un partenaire à notre écoute qui nous donnait du feed-back constructif. Nous avons été bien soutenus. »

– Koen Muylaert, chef de projet à la VRT

Bart Schols

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Dries De Rydt

Dries De Rydt

Jasper Degryse

Jasper Degryse

Koen Muylaert

Koen Muylaert